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Histoire

Cette page donne un aperçu des principales personnalités et évènements historiques de Matsue, depuis sa fondation jusqu’à l’époque contemporaine. Cependant, l’Histoire de la région remonte à bien avant l’ère des samouraïs et des châteaux. Avec de nombreux sites archéologiques, tombes et objets anciens, l’aire autour de Matsue (en particulier la partie sud ) ravira les passionnés d’Histoire ancienne, mais aussi de mythologie, puisqu’il est dit que c’est là que prirent place les évènements relatifs à la création même du Japon par les dieux!

1. La « ville-château » 城下町

La fondation de Matsue commença en 1607, en même temps que la construction du château, qui fût achevé dès 1611. Les facteurs militaires, politiques et économiques furent pris en compte lors de l’élaboration de la ville et de la forteresse. Par exemple, les rues furent construites de façon à freiner la progression d’un éventuel ennemi en direction du château. Leur tracé, ainsi que celui des nombreux canaux qui quadrillent la ville, n’ont que très peu changé, chose rare au Japon. Une partie des quartiers où vivaient les samouraïs subsiste également le long de la rue pittoresque Shiomi Nawate. Le quartier Teramachi, lui aussi toujours intact, rassemblait un grand nombre de temples qui pouvaient au besoin servir d’autant de petites forteresses afin d’empêcher les troupes ennemies de s’approcher du pont qui mène au château. Les fantassins vivaient eux dans le quartier voisin de Saikamachi. On retrouve dans le Musée d’Histoire de Matsue des cartes qui retracent l’évolution de la ville-château de 1600 à nos jours. La « ville-château »
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2. Le clan Horio, fondateur de la ville 堀尾氏

Trois familles de seigneurs féodaux régnèrent sur le domaine de Matsue de 1600 à 1871 : les Horio (1600-1633), les Kyôgoku (1634-1637) et les Matsudaira (1638-1871). Avant cela, ce furent les clans Amago et Mori qui se disputèrent la région durant l’époque des Royaumes combattants. Le clan Horio reçut du shogun Tokugawa Ieyasu la province d’Izumo (où se trouve Matsue) et les îles Oki en récompense de son engagement dans la bataille de Sekigahara (1600), et installa son centre de commandement dans le château de Gassan Toda. Cependant le clan s’aperçut rapidement que ce château dit « de montagne » n’était pas idéalement situé afin de construire une ville à proximité. Les Horio décidèrent alors d’édifier de zéro une ville nouvelle à la jonction du lac Shinji et de la rivière Ôhashi, à 15 km de Gassan Toda, situé dans l’actuelle ville de Yasugi. Il n’en subsiste aujourd’hui que des ruines, mais reste un des plus fameux châteaux de montagne du pays.

Horio Tadauji, qui reçut le domaine des mains du shôgun, mourut tôt à 28 ans, avant même le début de la construction du château. Son fils Tadaharu était alors trop jeune pour régner, ce fut donc son père Yoshiharu qui prit la responsabilité de l’édification du château. Yoshiharu mourut à 69 ans sans voir l’achèvement de son œuvre. Tadaharu devint alors officiellement seigneur du domaine jusqu’en 1633, mais n’eut jamais d’héritier. L’illustration dépeint Yoshiharu et son fils Tadauji en train de discuter de l’emplacement du château.
Le clan Horio, fondateur de la ville
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3. Kyôgoku et la lutte contre les inondations 京極氏

En 1634, le contrôle du domaine passa aux mains de Kyôgoku Tadataka, qui s’était marié avec la 4ème fille du shôgun Tokugawa Hidetada. Tadataka est essentiellement connu pour sa participation à la campagne militaire d’Ôsaka des Tokugawa (1615) durant laquelle il commanda 2000 soldats.

Bien qu’il ne régna sur le domaine de Matsue que durant trois ans, Tadataka y laissa son empreinte en luttant contre les inondations qui frappaient régulièrement la région, notamment autour de la rivière Hii, où il édifia la digue de Wakasa. Tadakata contribua également à agrandir le domaine en se voyant confier les mines d’argent d’Iwami Ginzan en 1636. Il mourut à 45 ans, lui aussi sans héritier.
Kyôgoku et la lutte contre les inondations
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4. Le jeune et brave Matsudaira Naomasa 松平氏

Agé seulement de 14 ans, Matsudaira Naomasa, petit-fils du shôgun Tokugawa Ieyasu, s’illustra par sa bravoure lors de la bataille d’Ôsaka en 1615. Le général ennemi Sanada Yukimura, retranché dans le château de Ôsaka assiégé, et fut tellement impressionné par le courage de Noamasa qu’il lui donna son éventail de commandement dont il se servait pour diriger ses troupes. L’éventail est toujours exposé dans le donjon du château de Matsue.

La nomination de Naomasa à la tête du domaine de Matsue marqua le début du long règne des Matsudaira, qui perdura durant dix générations (1638-1871). Les tombes des seigneurs Matsudaira sont toutes situées dans l’enceinte du temple Gesshô-ji, près du château.
Le jeune et brave Matsudaira Naomasa
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5. Deux grands festivals historiques, Hôran-enya et le défilé de tambours Dô-gyôretsu ホーランエンヤ・鼕行列

Depuis sa première tenue en 1648, le festival Hôran-enya s’est développé jusqu’à devenir une des trois plus grandes processions de bateaux du Japon, encore aujourd’hui organisé tous les dix ans à Matsue. Tout commença avec une grande famine qui frappa le domaine, et qui poussa Matsudaira Naomasa à décréter qu’il fallait acheminer la divinité du sanctuaire Jôzan Inari, protectrice des récoltes, jusqu’au sanctuaire Adayaka situé aux confins de la ville afin de prier pour le retour rapide des bonnes récoltes. La procession fut organisée sur la rivière Ôhashi, et après qu’un bateau de pêche vint en aide à l’embarcation transportant la divinité, on prit l’habitude de faire participer des « Kaidenma-sen » à la cérémonie, avec des costumes élaborés, des danses et des chants.

Le défilé annuel de tambours Dô-gyôretsu est le deuxième grand évènement historique de la ville. L’utilisation des grands tambours Dô dans la région Matsue-Izumo remonte à l’origine à une fête du nouvel-an pratiquée à Kyôto durant l’époque Heian, mais il est dit que l’utilisation qui en est faite encore aujourd’hui provient de la fête qui eut lieu en 1724 afin d’accueillir la princesse Iwahime et de célébrer son mariage avec le seigneur du domaine de Matsue de l’époque, Matsudaira Nobuzumi. Retrouvez plus de détails sur ces deux évènements dans la rubrique Calendrier.
Deux grands festivals historiques, Hôran-enya et le défilé de tambours Dô-gyôretsu
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6. Le seigneur Fumai, maître de thé 不昧公

Harusato, plus connu sous son nom de maître de thé « Fumai » et septième seigneur du clan Matsudaira, fut un des plus grands dirigeants du domaine de Matsue. Durant son règne (1751-1818), il refaçonna la ville en révolutionnant le système administratif et en réformant l’industrie et le commerce. Il protégea les rizières grâce à de nouvelles mesures anti-inondations, et encouragea l’introduction de nouvelles cultures, telle que le ginseng coréen, le coton, le murier à papier, ou encore le laquier. Il parvint à sauver le domaine de la banqueroute, et grâce à l’influence de son clan, il promut à Matsue la culture du thé, faisant de la cité une des trois « capitales du thé ». Le pavillon de thé Meimei-an, dont les plans ont été créés par Fumai lui-même, est encore à Matsue un des hauts-lieux de cette culture séculaire. Plus d’informations sur la culture du thé à Matsue dans la rubrique Culture. Le seigneur Fumai, maître de thé
松平治郷(不昧公)
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7. Fin du féodalisme et naissance de la commune de Matsue 松江市誕生

1868 fut une année charnière au Japon, puisque la « restauration impériale de Meiji » vint mettre fin à plusieurs siècles de système féodal. La commune de Matsue naquit l’année suivante après l’abolition du système des domaines. Plusieurs tourelles et portes du château de Matsue furent alors détruites en 1875, mais le donjon fut sauvé grâce aux efforts et aux donations de plusieurs citoyens de la ville. Le donjon est de nos jours un des 12 derniers « donjon authentiques » subsistant au Japon. Fin du féodalisme et naissance de la commune de Matsue.
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8. Lafcadio Hearn, alias Koizumi Yakumo 小泉八雲

Né en Grèce et élevé en Irlande, Lafcadio Hearn (1850-1904) était un écrivain ouvert d’esprit et grand voyageur. Il vécut à la Nouvelle Orléans entre 1877 et 1887 avant d’émigrer au Japon en 1890. La même année, il s’installa à Matsue en tant que professeur d’anglais. Bien qu’il ne resta que 15 mois, il permit de faire connaître Matsue et le Japon au monde au travers de ses écrits. Son ancienne résidence et le musée qui lui est dédié sont situés à proximité du château. Hearn a laissé sa marque en ville, au travers de nombreux portraits et statues, de groupes d’études littéraires, d’un concours d’expression en anglais, etc. Plus d’informations sur Lafcadio Hearn ainsi que ses histoires de fantômes liées à Matsue dans la rubrique Culture.

Hearn fut un des premiers européens à prendre la nationalité japonaise, et est pour cela plus au Japon sous le nom de Koizumi Yakumo. Il prit le nom de famille de sa femme, Koizumi Setsu, la fille d’un ancien samouraï qu’il rencontra à Matsue, et se prénomma Yakumo (« mille nuages ») pour les liens qui unissent ce mot à la région Izumo-Matsue, qu’il décrivait comme étant la « capitale de la province des dieux ». Il revint plusieurs fois visiter Matsue après qu’il eut déménagé dans d’autres régions de l’archipel.
Lafcadio Hearn, alias Koizumi Yakumo
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